Comment défaire le syndrome de l’écureuil ?

Comment défaire le syndrome de l’écureuil ?

Le syndrome de l’écureuil ? C’est quoi ça ? C’est aussi appelé syllogomanie ou accumulation compulsive, et je suis certaine que vous connaissez les termes basiques : c’est le fait d’entasser, d’accumuler, de garder de manière illogique ou excessive des objets dont on ne se sert pas, qui ne fonctionne plus, mais on sait jamais, ça peut servir un jour… Il est étroitement lié au Syndrome de Diogène, qui est caractérisé par un trouble du comportement conduisant à des conditions de vie négligées, voire insalubres.

Le syndrome de l’écureuil est considéré comme un TOC (Trouble Obsessionnel Compulsif), et est donc catégorisé comme maladie. Dans le terme maladie, je parle du côté psychologique, mental, qui pourrait faire référence à une maladie mentale, finalement. Je n’aime pas vraiment cette catégorisation, je trouve que ça va loin, mais les médecins en ont décidé autrement.

Ça y est, vous saisissez ? Alors là je vais vous faire par la suite une liste (non exhaustive) des situations sujettes à ce syndrome.

Vous gardez les stylos usagés, les boutons de chemises dépareillées, les boîtes à chaussures ? Cet article est fait pour vous 🙂






Qu’est-ce qu’on garde ?

Bocal / paniette

Garder dans l’entrée de votre habitation un bocal / paniette… avec tout un tas de choses inutiles : stylos qui ne fonctionnent plus, boutons cassés, rechanges de talons pour mesdames, bicognios en tout genre, comme les décorations de la dernière bûche de Noël, un ruban d’un cadeau que l’on a reçu récemment, papiers / flyers de magasins car l’image est « jolie », des briquets, des échantillons gratuits de quelque chose, des pièces de monnaie…

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Vêtements

Garder dans votre armoire des vêtements qui ne vous servent plus : pantalons trop grands, chemises ignobles offertes par les amis ou la belle-mère, achats compulsifs comme des vêtements soldés, les chaussures (les #shoesAddicts), les écharpes à gogo, les cravates et les foulards que l’on met qu’une fois dans l’année, les chaussettes trouées qu’on ne remettra pas ;

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Magazines, journaux

Garder des magazines, comme chez les médecins, pour se dire que finalement, on aurait besoin de relire un article plus tard sans aucun doute, mais qui est totalement faux. De plus, les #magazinesAddicts ont une tendance à acheter plusieurs magazines différents. Les people, le sport, le high-tech. Il y a toujours un intérêt à garder les magazines pour l’écureuil (fonctionne aussi pour les journaux) ;

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Livres

Garder des livres que l’on a depuis que l’on sait lire ; les gens nous offrent des livres, et on les garde tous ! Au cas où on aurait encore envie de lire Candide de Voltaire, ou l’histoire des 3 Ours Bruns. Les livres sont quelque chose de précieux, c’est sûr ! Mais il est préférable de ne garder que ceux qui vous font vraiment plaisir. Ceux qui ont une (vraie) valeur sentimentale à vos yeux ;

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Bibelots

Garder  des bibelots en tout genre pour le plaisir de posséder. Ça prend de la poussière et il y en a de toutes sortes ! Les petits animaux représentés sous plusieurs coutures, les boules à neige qui ont fait fureur durant une période, bouteilles de parfums vides… ;

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Cassettes

Garder les cassettes vidéo (ou les K7) du temps des magnétoscopes : c’était bien, ce temps où on pouvait voir plein de films sur cassette, les rembobiner, les remettre, et ainsi de suite, jusqu’à en avoir des centaines, et de voir que finalement les DVD et les Blu-Ray sont apparus ? On garde donc les précieuses cassettes qui nous ont fait passer tant de bons moments en famille ;

Garder des cassettes audio ou des CD d’il y a longtemps (tout comme les cassettes vidéos) : on n’a plus forcément le lecteur adapté pour ce genre d’objet, mais on sait jamais, si quelqu’un nous offre un jour le baladeur adéquat…

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Boîtes

Garder des boîtes, comme des boîtes à chaussures, des boîtes à sucre, des boites de plats préparés (pour réutilisation, mais finalement non, c’est pas pratique, mais on les garde quand même), des boîtes d’articles High-Tech (boîte de souris de PC, boîte de la télévision, boîte du nouvel écran d’ordinateur…), boîtes de médicaments (il y a la notice, dedans…) et j’en passe ;

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Lettres

Garder de vieilles lettres de personnes que l’on a perdue de vue, sous prétexte que ces personnes ont été là pour nous, mais que finalement, le contact a été rompu il y a des années, voir des dizaines d’années… Il est vraiment temps de passer à autre chose, non ? ;

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Clefs

Garder des clefs de serrures que l’on n’a plus depuis lonnnnngtemps. On ne sait plus à quoi elles servent. Ce sont des clefs rejoignant un cadenas perdu, un ancien appartement ? Ou alors celles d’un ami ou juste trouvées par terre… Mais à quoi vous servent-elles ? ;

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Nourriture

Garder de la nourriture dans son frigo, ses « réserves », sa cave ou autres emplacements où l’on peut stocker en grande quantité. Si vous êtes seuls, vous n’avez pas besoin d’acheter pour 8, ce sera perdu au bout d’un moment. Et ce n’est pas parce qu’il y a une super réduction dans le magasin qu’il faut forcément acheter n’importe quoi ;

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Tickets

Garder des tickets de métro ou de bus : c’est bien, on a voyagé, mais maintenant que votre ticket a été utilisé, il ne vous sert plus à rien. Des souvenirs ? Sérieusement, vous n’avez pas pris de photos de la destination

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Les raisons du syndrome de l’écureuil

Toutes les choses gardées sont en général inutiles. La personne qui les garde voit en ces objets une valeur inestimable et donc qu’il ne faut pas jeter.

Ces personnes vont être l’image de l’écureuil qui fait certainement ses réserves pour l’hiver. Malheureusement, pour elles, c’est à vie. Elles ne délimitent pas le temps qu’elles vont garder ces objets car mentalement, c’est impossible.

Se séparer du dernier journal ou du stylo dans le sac qui ne fonctionne plus est inenvisageable. Ces objets font sans doute partie intégrante de leur quotidien, de leur environnement.

Les raisons sont diverses :

Sentiment de manque

La personne a eu un manque étant jeune et se sent obligée / a besoin de garder des objets pour compenser ce manque, ou même de se dire qu’elle ne sera plus dans ce manque car elle garde ces objets ;

Évènement traumatique

Exemple : divorce, décès d’un proche, enfance troublée etc. que l’on n’aurait pas réussi à surmonter et qui se manifesterait avec des émotions négatives, la peur de mourir (« je possède donc j’existe ») et du souhait de se raccrocher au passé ;

Métabolisme particulier

Métabolisme cérébral du glucose différent des autres personnes : le taux de métabolisme du glucose est significativement plus bas dans le cortex cingulaire ventral mais antérieur que les personnes qui n’ont pas ce syndrome ;

Stress

La personne est stressée de son vécu traumatisant / sa situation actuelle, et ne jette pas les objets car au fond d’elle, elle se dit que ça peut la réconforter (au niveau de la présence de ces objets, il y a le temps qui passe ;

Situation financière

La personne n’a pas beaucoup de moyen, et le fait de garder des objets la met en confiance sur le sentiment de possession. Elle a besoin de posséder pour atténuer le sentiment de ne pas avoir beaucoup d’argent ;

Le passé

Avoir une trace / avoir un souvenir du passé : les personnes gardant ces objets veulent absolument les garder dans un optique de montrer à des amis ou à la progéniture cette « collection » dépassée ;

Soucis de faire

Flémingite aigüe : les personnes gardant ces objets ont tendance à trouver pénible de les jeter, il y a une sorte d’angoisse qui s’installe et la personne ne jette pas pour éviter ce sentiment ;

Possession

Sentiment agréable de garder des objets car il est probablement agréable d’acheter des choses, même si c’est éphémère. Par ailleurs, cela dégage de l’endorphine qui donne à la personne un sentiment de bien-être.






Comment s’en sortir ?

En parler

en parler autour d’elle (la personne) : ses proches, ses amis, sa famille… Ils verront certainement en elle la souffrance que ce syndrome lui apporte. Ses proches seront à l’écoute de ses besoins, et l’aideront à se séparer de ses affaires ;

Se poser les bonnes questions

se poser les bonnes questions avant chaque achat : En a-t-il/elle besoin dans l’immédiat ? En a-t-il/elle vraiment besoin à la base ? Combien d’articles semblables est-ce qu’il/elle possède déjà ? Est-ce vraiment insuffisant ? Peut-il/elle s’en passer ? Est-ce qu’elle se sent obligé(e) de se procurer cette chose ? A-t-il/elle les moyens de l’acheter ?

Question-Guy

Demander de l’aide aux spécialistes

se faire aider par des spécialistes grâce à une thérapie cognitivo-comportementale (TCC) : évaluation avant traitement, le contrat thérapeutique, application du programme, évaluation des résultats.

prendre des médicaments spécifiques qui peuvent peut-être calmer le syndrome. Mais, certains médicaments, comme les inhibiteurs spécifiques du recaptage de la sérotonine (ISRS) peuvent s’avérer efficaces. Voici des exemples d’ISRS courants : fluoxétine (Prozac), sertraline (Zoloft), fluvoxamine (Luvox), citalopram (Celexa), escitalopram (Cipralex) ;

Faire face au miroir

se regarder dans le miroir et se rendre compte que ça ne va pas, qu’il faut changer ça. Pas demain, non, c’est maintenant qu’il faut changer et mettre un plan d’action pour gérer la situation au plus vite. Le dire permet de se rendre compte et d’évacuer un sentiment de « je suis un écureuil » ;

Donner le superflu

donner les choses superflues : un grand pas vers la « guérison » est de se débarrasser de ce qui lui tient à cœur. Ça lui permettra vraiment de se rendre compte de l’accumulation réalisée et de mettre un plan d’action en place.

Question-Girl

Par ailleurs, j’espère que cet article vous aura renseigné sur le syndrome, le pourquoi et le comment s’en sortir. Il n’y a pas toutes les solutions, car le mieux est réellement d’aller voir un médecin. Il faut parler de votre cas (ou celui d’un proche). Si possible établir un diagnostic du pourquoi la personne réagit comme cela, comment l’aider.

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